La professeure Julia Csergo publie un livre sur les enjeux de la gastronomie française à l’Unesco

La professeure Julia Csergo publie un livre sur les enjeux de la gastronomie française à l’Unesco

La professeure Julia Csergo du Département d’études urbaines et touristiques publie « La gastronomie est-elle une marchandise culturelle comme une autre? », aux éditions Menu Fretin.

Résumé

En 2010, le Repas gastronomique des Français a été inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Six ans après, Julia Csergo, qui avait été responsable scientifique du dossier de candidature, s’interroge sur le sens de cette inscription, sur ce qu’elle a apporté aux Français, à la France et aux professionnels de sa gastronomie : producteurs, artisans des métiers de bouche et cuisiniers. Aucune culture du bien manger n’existerait sans leurs productions, à la fois créatives et patrimoniales. À première vue, le bilan semble faible. La France n’a malheureusement voulu y voir qu’une reconnaissance venant couronner sa gastronomie comme étant la meilleure du monde. Elle a ignoré le véritable enjeu de cette inscription qui est la promotion et la protection de la diversité culturelle. À aucun moment elle n’a organisé, comme d’autres États le font aujourd’hui, une politique culturelle susceptible d’être opposée à la standardisation des productions alimentaires, à la mondialisation des normes, aux politiques de libre échange qui tendent à uniformiser les goûts et les cultures alimentaires.

Pour comprendre pourquoi la France n’a pas profité de cet instrument de la gouvernance culturelle mondiale pour défendre son identité gastronomique, cette réflexion, très documentée, revisite les fondamentaux : qu’est-ce que la gastronomie ? Comment cet art de vivre la table s’est-il construit en France comme une culture nationale et comme un patrimoine collectif ? Pour quelles raisons elle doit enfin être reconnue comme un domaine culturel à part entière ?

Comment la « marque patrimoniale » pourrait protéger les biens et les services gastronomiques, inscrits dans les territoires de l’identité culturelle ? Elle s’appuie sur une histoire critique des visées qui ont présidé à la candidature à l’Unesco, des controverses qui ont accompagné son processus, sur l’inefficacité des mesures de sauvegarde inscrites dans le dossier et sur les usages, désordonnés et délétères, qui sont fait de l’inscription.

L’objectif de ce bilan sans complaisance est de puiser des forces de réflexion et d’action nécessaires à l’élaboration de politiques culturelles qui pourront bénéficier aux biens matériels (produits, plats, lieux de production et de consommation), à travers lesquels peuvent encore exister, partout dans le monde, la diversité des cultures gastronomiques au titre de la créativité humaine.