Décès de Bernard Landry

Décès de Bernard Landry

L'ancien premier ministre du Québec et professeur à l'ESG UQAM fut un acteur incontournable du Québec moderne.

L'ancien premier ministre du Québec Bernard Landry, professeur au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l'ESG UQAM, est décédé le 6 novembre à l'âge de 81 ans. En plus d'avoir été un politicien visionnaire et engagé, il a contribué à la formation de plusieurs générations d'étudiants.

«Bernard Landry a été un acteur incontournable du Québec moderne ouvert sur le monde, a déclaré la rectrice de l'UQAM, Magda Fusaro. Marqué par un engagement politique, social et éducatif exemplaire, son parcours s’avère remarquable. Son expérience de haut niveau à titre de ministre et de premier ministre, sa connaissance intime de l’État, de l’économie et des relations internationales, ses qualités d’orateur et sa très grande générosité ont fait de lui un professeur fort apprécié de ses étudiantes et étudiants. Aujourd’hui, l’UQAM rend hommage à une grande figure politique et intellectuelle, qui a porté haut et fort la défense des intérêts supérieurs du Québec, mais elle s'attriste aussi de la perte d’un ami et collègue, qui a toujours eu à cœur de contribuer à la formation de la relève et au développement de notre Université.»

Né en 1937 à Saint-Jacques de Montcalm, Bernard Landry a obtenu une licence en droit de l’Université de Montréal et a été admis au Barreau du Québec en 1965. Pendant ses études, il a fondé et présidé l’Association générale des étudiants de l’Université de Montréal et a participé activement aux grands débats de la Révolution tranquille. Il a alors mené de nombreuses batailles, notamment pour la création d’un ministère de l’Éducation et d’un régime de bourses.

Son entrée dans la sphère politique remonte à 1964, alors que René Lévesque, à l'époque ministre libéral des Richesses naturelles, l’a invité à rejoindre son ministère et l’a encouragé à parfaire sa formation en France. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, en 1967, il a fondé et présidé l’Association générale des étudiants québécois en France.

Bernard Landry est revenu au Québec en 1967 et s’est joint au Parti québécois en 1968. Membre de l’exécutif de ce parti à compter de 1974, il a été élu député de la circonscription de Fabre en 1976. René Lévesque l’a nommé ministre d’État au Développement économique en 1977. Il a publié, en 1979, Bâtir le Québec, un énoncé de politique économique, en vue de la préparation du référendum de 1980. Publiée quelques années plus tard, la deuxième partie de cette stratégie proposait de miser sur les nouvelles technologies pour permettre l'essor économique du Québec, ce qui révèle son sens de la clairvoyance.

Un professeur admiré

Lors de son deuxième mandat, Bernard Landry sera successivement ministre du Commerce extérieur, ministre des Relations internationales et ministre des Finances. Défait dans sa circonscription de Laval-des-Rapides aux élections de décembre 1985, c’est en 1986 que Bernard Landry entame une carrière de professeur à l’École des sciences de la gestion. Son expérience à titre de ministre sur la scène internationale, sa connaissance intime des mécanismes économiques internationaux et ses qualités d’orateur en ont fait un professeur admiré par ses étudiants. Au cours de cette période, il a contribué à la création de la Chaire de recherche sur la mondialisation des marchés de l’agro-alimentaire, dont il est devenu le premier titulaire.

Toujours engagé politiquement, Bernard Landry a occupé le poste de vice-président du Parti québécois de 1989 à 1994. En 1994, il effectue un retour à la politique active et est élu dans la circonscription de Verchères. Il est alors nommé vice-premier ministre par Jacques Parizeau et il participe activement au référendum de 1995. Au sein du gouvernement de Lucien Bouchard, il occupera les fonctions de vice-premier ministre, vice-président du Conseil exécutif, ministre d’État à l’Économie et aux Finances, ministre de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, et enfin, en 1999, de ministre du Revenu.

Premier ministre du Québec

En 2001, après le départ de Lucien Bouchard, Bernard Landry devient chef du Parti québécois et premier ministre. Il signe l'année suivante la Paix des braves avec les Cris du Québec, suivie, quelques mois plus tard, d’une autre entente avec les Inuits du Grand Nord, deux accords qui rapprochent le gouvernement de ses communautés autochtones. La même année, il publie le recueil de textes La cause du Québec. Battu aux élections générales de 2003, il devient chef de l’Opposition officielle, mais décide de quitter la vie politique en 2005 pour se consacrer à sa carrière de professeur à l’École des sciences de la gestion.

Bernard Landry a reçu de nombreuses distinctions au cours de sa carrière. Il a notamment obtenu le grade de Grand-Croix de l’Ordre de la Pléiade en 2002, le titre de Commandeur de la Légion d’honneur en 2004, le prix Louis-Joseph-Papineau en 2005, le titre de Patriote de l’année en 2006 et le rang de Grand Officier de l’Ordre national du Québec en 2008. Il a reçu la Médaille de l'UQAM en 2014.